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Subvention à l'association présidée par son conjoint : l'élu doit-il se déporter ?

Une délibération est illégale si un membre du conseil « intéressé à l'affaire » y a pris part (CGCT, art. L. 2131-11). Un élu est intéressé quand il a un intérêt distinct de celui de l'ensemble des habitants. Il n'a pas besoin de voter pour fragiliser la délibération : s'il a pu l'influencer en participant à sa préparation ou aux débats, elle est aussi viciée (CE, 12 octobre 2016, n° 387308).

Sur le plan pénal, l'article 432-12 du code pénal punit de cinq ans d'emprisonnement et de 500 000 € d'amende celui qui prend « directement ou indirectement » un intérêt altérant son impartialité dans une opération qu'il administre. La Cour de cassation a jugé que des élus qui votent des subventions aux associations qu'ils président entrent dans le champ de ce délit, même sans en tirer de profit (Cass. crim., 22 octobre 2008, n° 08-82.068). Elle statuait alors sur l'ancienne rédaction de l'article.

Le Gouvernement a répondu à cette question précise : l'élu doit « ne pas prendre part au vote et s'abstenir d'intervenir dans les travaux préparatoires » (réponse ministérielle, JO Sénat du 21 août 2025).

Depuis le 24 décembre 2025, la loi sur le statut de l'élu local exige que l'intérêt soit pris « en connaissance de cause ». Elle exclut aussi l'intérêt public. Cette réforme ne change pas la réponse, car l'intérêt lié à l'association du conjoint reste un intérêt privé (loi n° 2013-907, art. 2).


Les cas courants

  • Le conjoint préside l'association ou siège à son bureau : l'élu se déporte.
  • L'élu est le maire : il prend un arrêté de déport qui désigne son suppléant. Il ne lui donne aucune instruction (décret n° 2014-90, art. 5). C'est le suppléant qui signe la convention.
  • L'élu est un adjoint délégué : il prévient le maire par écrit. Le maire lui retire le dossier par arrêté (même décret, art. 6).
  • Le conjoint est simple adhérent : aucun texte ne règle ce cas. L'intérêt s'apprécie au cas par cas. Dans le doute, l'élu se déporte.

 Actions dans l'ordre utile

  1. Repérer à l'avance les liens entre les élus et les dirigeants des associations qui demandent une subvention.
  2. Écarter l'élu de l'instruction du dossier et de la commission compétente.
  3. Voter cette subvention par une délibération distincte. Attention : si elle figure dans la liste annexée au budget, le vote du budget vaut attribution (CGCT, art. L. 1612-25).
  4. En séance, l'élu quitte la salle avant le débat et le procès-verbal le mentionne. Depuis 2025, sa seule présence ne vaut plus participation, mais sortir reste la solution la plus sûre.

Points à vérifier

  • Le rôle exact du conjoint dans l'association. Le délit pénal vise aussi l'intérêt indirect, sans distinguer selon le statut du couple. À notre lecture, un partenaire de Pacs ou un concubin est donc dans la même situation qu'un conjoint marié.
  • Le quorum. Le CGCT ne dit pas si l'élu déporté compte dans le quorum.
  • Les aides en nature (locaux, matériel, personnel mis à disposition) : le même raisonnement s'applique.

Vérifié le 24 octobre 2026.

Réactions

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5817
Élu·e anonyme #5817il y a 22 h
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